Les erreurs les plus courantes en photographie d’architecture (et comment les éviter)
Photographier un projet architectural, ce n’est pas simplement “appuyer sur un bouton” pour documenter un bâtiment ou un intérieur. C’est traduire une intention, restituer une atmosphère, et surtout, mettre en valeur le travail de toute une équipe : architectes, décorateurs, maîtres d’ouvrage, artisans. Depuis 2011, j’accompagne des professionnels exigeants pour que leurs réalisations bénéficient d’images à la hauteur de leur qualité. Pourtant, je constate encore souvent les mêmes erreurs récurrentes, qui nuisent à l’impact d’un projet. Voici les plus courantes — et comment, en tant que photographe spécialisé, je les anticipe ou les corrige.
Les perspectives fuyantes
C’est probablement l’erreur la plus flagrante pour un œil averti, et même pour les non-initiés. Lorsque les lignes verticales d’un mur ou d’une façade ne semblent pas à la verticale, cela donne une impression de déformation du bâtiment, comme si par exemple, pour un bâtiment rectangulaire, il était moins large en haut. Cette déformation de perspective est due au fait que l’appareil photo est incliné vers le haut ou le bas, ce qui déforme la géométrie. Or, l’architecture est un art de la rigueur, du trait net, de la maîtrise de la forme. Des perspectives fuyantes mal contrôlées donnent une image instable, peu professionnelle et pas agréable à regarder. Pour éviter cela, je corrige toutes les perspectives dès lors que cela s'avère nécessaire. Une bonne photo d’architecture, c’est d’abord une photo lisible, géométriquement stable, qui laisse le projet parler avec clarté.
Les déformations optiques de l’objectif
Un autre problème courant, et souvent sous-estimé, concerne les déformations optiques produites par certains objectifs grand angle. Dans la photographie d’architecture, l’utilisation d’objectifs à courte focale est fréquente afin de cadrer plus large, notamment en intérieur. Mais tous les objectifs ne se valent pas. Les modèles grand public ont souvent une forte distorsion dite “en barillet” : les lignes droites, en particulier en bord de cadre, deviennent courbes. Cela déforme les murs, les encadrements de portes ou de fenêtres, et donne une impression de bulle ou d’image tordue. À l’inverse, certains objectifs créent une distorsion “en coussinet”, où les bords semblent s’affaisser. Dans les deux cas, l’image paraît peu naturelle, et l’architecture en souffre visuellement. En tant que photographe spécialisé, j’utilise des optiques haut de gamme (Canon série L) à très faible distorsion. Lors du post-traitement, je corrige les dernières déformations grâce à des profils de correction et des ajustements manuels. Ils permettent de restituer les proportions et la géométrie du lieu, sans approximation ni déformation gênante et conribue à une bonne lisibilité de la photo.
Une lumière mal gérée
La lumière est l’outil fondamental du photographe. En photographie d’architecture, c’est elle qui modèle l’espace, révèle les matériaux ou crée des ambiances. Pourtant, on rencontre tçs souvent des images gâchées par une mauvaise gestion de la lumière : surexposition, ombres bouchées, mélange incohérent entre lumière naturelle et artificielle, balance des blancs erronée, etc. Le rendu devient plat ou trop agressif et l’émotion disparaît. Une lumière trop dure (prise à midi par ciel dégagé) donne des ombres très marquées et des pertes de détails sur les hautes et basses lumières. Un intérieur trop sombre et mal exposé paraît terne et peu engageant. Pour les extérieurs, mon approche repose toujours sur une étude préalable de la position du soleil en fonction de l'orientation du bâtiment. J’identifie ainsi les meilleures heures de lumière naturelle. Parfois, je reviens à différents moments de la journée pour capter des ambiances contrastées : matin, fin de journée, nuit. Le tout avec des réglages d’exposition précis et une post-production naturelle. L’objectif est de restituer la lumière réelle du lieu, sans la trahir, tout en sublimant ce qu’elle révèle.
Une mise en scène négligée ou absente
Un projet peut être techniquement réussi, mais une photo mal préparée peut donner l’impression inverse. Trop souvent, la mise en scène est négligée, voire absente : objets du quotidien en vrac, câbles visibles, mobilier désaxé, chaises pas alignées, rideaux froissés, poussière au sol, etc. Ces petits détails passent parfois inaperçus sur place, mais deviennent très visibles en photo, surtout en haute résolution. Le regard du spectateur est alors attiré par des éléments parasites plutôt que par les qualités du lieu. Mon rôle est aussi celui d’un œil extérieur exigeant. Avant chaque prise de vue, je prends le temps d’analyser la composition et de réorganiser l’espace si nécessaire : redresser un cadre, cacher une multiprise, réaligner le mobilier, rajouter une touche végétale ou de texture si l’ambiance est trop froide. C’est une mise en scène subtile, qui ne doit jamais travestir la réalité, mais au contraire la rendre plus lisible, plus photogénique. Une photo réussie est souvent le fruit d’une préparation minutieuse. C’est ce travail de stylisme discret qui donne à l’image sa clarté et participe à son impact visuel.
Des photos prises trop rapidement
Dans un monde où tout le monde a un appareil photo dans sa poche, il peut être tentant de penser que quelques clichés pris au smartphone suffisent pour “illustrer un projet”. En réalité, les images issues de smartphones ou d'appareils non adaptés montrent vite leurs limites : manque de netteté, mauvaise restitution des textures, distorsions optiques, profondeur de champ trop courte, traitement automatique trop marqué… Pire encore, une image vite prise, sans réflexion de cadrage, de lumière ou de lisibilité de l’espace, donne une impression d’amateurisme. En tant que photographe professionnel, j’utilise du matériel conçu pour répondre aux contraintes spécifiques de l’architecture : capteur plein format, objectifs professionnels, trépied, tête micrométrique, charte colorimétrique, etc. Mais surtout, je prends le temps de réfléchir à chaque image : quel point de vue valorise le mieux le lieu ? Où se positionner pour donner de la respiration à l’espace ? Comment guider l’œil du spectateur ? Une bonne photo n’est jamais prise de manière hâtive et sans précaution. Elle est construite, pensée, puis captée avec rigueur.
Un mauvais timing
Trop souvent, les photos sont commandées en toute fin de projet, dans la précipitation. Le chantier vient à peine de se terminer, les finitions ne sont pas posées, la lumière n’est pas idéale, ou pire, la météo est maussade. Dans ces conditions, même le plus beau projet du monde peut paraître “inachevé” en photo. Le bon timing est essentiel en photographie d’architecture. Cela concerne la maturité du projet (mobilier installé, lieu propre, éclairage fonctionnel), la lumière naturelle (l’orientation du bâtiment joue un rôle capital), et même la saison (certaines ambiances ne prennent tout leur sens qu’en été ou en hiver). Mon rôle est aussi de conseiller mes clients sur le bon moment pour shooter. Je préfère parfois décaler une séance de quelques jours pour profiter d’un meilleur ciel ou d’un rayon de lumière bien orienté. Résultat : des images plus valorisantes, plus durables, qui donneront envie d’être diffusées.
Une post-production excessive ou bâclée
La retouche est une étape aussi importante que la prise de vue. Une image brute, même bien cadrée, peut sembler terne si elle n’est pas optimisée. Mais à l’inverse, une post-production mal gérée, trop contrastée, trop saturée, trop HDR..., peut donner un rendu artificiel, voire gênant. Cela se voit souvent dans les ciels, les ombres supprimées à outrance, les textures qui disparaissent, ou les couleurs irréalistes. En tant que photographe professionnel, je traite chaque image manuellement, sans automatisme excessif. Je respecte la matière, la couleur réelle, la lumière du lieu. Mon objectif n’est pas de transformer l’espace, mais de révéler ce qu’il a de plus fort. Le post-traitement me permet d’uniformiser une série, d’ajuster finement l’exposition, de corriger quelques défauts mineurs, mais toujours dans un souci de naturel et de cohérence. Une belle image est celle qu’on ne soupçonne pas d’avoir été retouchée.
Conclusion
Les erreurs en photographie d’architecture ne sont pas qu’un problème “technique”. Elles ont un impact direct sur la perception que l’on a de votre travail. Une image bancale, mal exposée ou déformée peut entacher un projet pourtant réussi. À l’inverse, une photographie professionnelle, précise, respectueuse de votre vision, renforce votre crédibilité, attire l’attention et vous permet de communiquer efficacement.
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